le point sur la 4G

Plus vite en 4G!

Plus vite en 4G!

La 4G est partout! Elle a envahie les pubs (mais aussi les pubs ou les pubs), elle est dans l’actualité réglementaire, dans les argumentaires ou les critiques sur les terminaux. Mais concrètement, la 4G c’est quoi?

Tout d’abord un peu d’historique et de technique

Nos réseaux téléphoniques ont connu plusieurs normes (GSM, GPRS, UMTS,…)

A chacune de ces normes correspondent des technologies sur les antennes, dans le réseau de l’opérateur et sur le téléphone de l’usager. Pour profiter de ces technologies, il faut que tous ces éléments soient cohérents et que l’option sur l’abonnement soit activée.

Mais un préalable est indispensable : le droit d’émettre. En effet, en France, les fréquences radio sont considérées comme rare. Et l’état les attribue selon certaines conditions. Ainsi, pour avoir le droit d’utiliser les fréquences de la 4G, les opérateurs ont déboursé environ 3.5 milliards d’euros.

Ils se sont donc répartis, en fonction du montant payé les différentes fréquences mises en jeu:

  • Orange a acheté 30% des fréquences 4G
  • SFR en a pris 25%
  • Bouygues 25%
  • Free Mobile a obtenu 20% des fréquences 4G

Voici un tableau récapitulatif avec les normes, les débits théoriques (en réalité, on est souvent bien en dessous) et des exemples de temps de téléchargement:

débits réseaux mobiles

Bien sûr, tout cela reste théorique et cela dépend de l’éloignement de l’antenne, de l’encombrement du réseau,…Mais il apparaît clairement que la 4G, en apportant des débits en mobilité supérieurs à ce que nous connaissons avec l’ADSL dans nos foyers va permettre des usages nouveaux lorsque nous serons couverts.

La couverture actuelle et à venir

Dans les faits, si les opérateurs ont communiqué très tôt, la couverture n’est pas encore au rendez-vous.

En effet, seules quelques villes -ou plutôt quelques zones dans ces villes – sont couvertes pour l’instant chez les 3 opérateurs historiques:

Orange couvre une partie du quartier Opéra à Paris ainsi que des zones à Marseille  Lyon, Nantes et Lille. D’autres villes sont prévues à partir du mois d’avril (Bordeaux, Clermont-Ferrand, La Rochelle, Orléans, Dunkerque, Nancy, Metz, Chartres, Grenoble et Annecy).

SFR a déjà ouvert son réseau à Lyon, Montpellier, à la Défense et va couvrir progressivement d’autres grandes villes.

Bouygues est plus modeste car ils ne sont présents qu’à Lyon pour l’instant mais la situation pourrait vite changer. En effet, récemment l’ARCEP a autorisé cet opérateur à utiliser des fréquences actuellement dédiées à la 2G pour la 4G. Dès le mois d’octobre, sa couverture pourrait donc progresser très rapidement.

Les terminaux

Si vous avez la chance d’être dans une zone couverte par la 4G, il vous faut un terminal compatible.

On peut se dire que tous les terminaux récents feront l’affaire?

Et bien non!

Ainsi, l’iphone 5, s’il est bien compatible avec la 4G, n’est pas adapté aux fréquences françaises. Tous ceux qui ont ce terminal devront en changer pour profiter des débits les plus élevés! Il en va de même pour les Nexus 4 par exemple ou encore les premiers Galaxy S3 (vendus avant le mois d’octobre. Ce sont ceux qui ont 1Go de mémoire vive contre 2Go pour les modèles 4G)

Pour l’instant, le choix est rapide car seuls 15 terminaux sont compatibles avec ce très haut débit mobile. Parmi les plus intéressants  nous retiendrons les Nokia Lumia 920 et 820 sous WP8, les Xperia V et Z de Sony, le HTC One, les galaxy S3 et note 2 ainsi que le Blackberry Z10. Globalement, c’est plutôt dans le haut de gamme et donc au dessus de 500€ que se trouvent ces terminaux. La seule exception sera le LG Optimus F5 qui devrait être proposé à moins de 400€.

A quel prix pour l’utilisateur?

On l’a vu, les licences ont coûté cher aux opérateurs. Il est donc probable que les forfaits permettant l’accès à la 4G soient plus onéreux que nos forfaits actuels.

En effet, depuis l’arrivée de Free, les prix des forfaits ont fondu comme neige au soleil (voir notre article à ce sujet) et les marges des opérateurs historiques ont sensiblement diminué.

Orange a déclaré vouloir augmenter ses tarifs pour la 4G de 5 à 10€.

SFR ne pratiquera pas d’augmentation, mais avec des forfaits limités à 2Go, ils proposeront une plus grosse enveloppe pour plus cher…

Les politiques tarifaires de Bouygues et Free sont encore inconnues. Mais on peut se dire qu’il est encore possible que le trublion de la téléphonie ne coupe une nouvelle fois l’herbe sous les pieds de ses concurrents.

En effet, ils voient tous l’arrivée de la 4G comme une aubaine pour proposer de nouveaux services payants. Nos 2 à 3Go inclus actuellement ne pèseraient pas bien lourds après avoir téléchargé un film HD sur une plateforme de VOD.

Si Free, après avoir proposé des appels illimités et 3Go de données pour moins de 20€ refaisait le même coup en 4G, les 3 opérateurs historiques seraient contraints d’en tenir compte.

Tout cela pour quel usage?

On nous promet des usages proches de ceux que nous connaissons avec nos box à la maison: visioconférence (personnellement, j’ai arrêté de croire à cet usage qu’on nous promet tous les 2 ans depuis des décennies…), téléchargement de film en VOD, du streaming fluide en HD, nos musiques et nos photos stockées en ligne (dans le « cloud ») puisqu’on pourra y accéder de façon quasi instantanée,etc…

Le jeu en ligne pourrait aussi être le grand bénéficiaire de ces débits et de la réactivité accrus.

Sur le papier, cela pourra effectivement voir le jour mais pour que ces usages soient vraiment confortables, il faudra que la 4G soit accessible partout ou presque. A titre de comparaison, vous êtes en 3G partout, vous?

Pour rappel, dans le cahier des charges de l’ARCEP, 25% du territoire doivent être couverts en octobre 2015…

Le passage à la 4G pourrait être assimilé au passage des vieux modems RTC à l’ADSL en terme de confort. Mais avec cette innovation technologique, était arrivée – par le biais de Free 🙂 – une nouvelle politique tarifaire: les enveloppes plafonnées de data avaient disparues. On pouvait alors enfin surfer, télécharger, jouer en ligne autant qu’on le voulait sans débourser un centime de plus.

C’est cette absence de contrainte qui avait libéré réellement les usages. Si le mobile veut vivre la même révolution, il faudra alors non seulement développer les services, mais faire des efforts considérables dans la simplification de l’accès à ces services. Free l’avait compris sur l’ADSL, ils ont modifié la donne sur la voix, qui saura prendre la main sur la 4G mobile?

 

Bonus : Fail Bouygues Telecom

En cherchant les sources pour ce dossier, je suis tombé sur un fail amusant chez Bouygues.

Ça se trouve ici et s’ils le corrigent entre temps, voici une copie d’écran qui montre que la 4G selon Bouygues Telecom n’est pas adaptée à la musique : La question qu’on peut se poser en voyant ce tableau, c’est 24 albums par jour (soit une heure par album) ou 24 jours pour un album? 😉

fail débit 4G Bouygues

 

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4 réflexions au sujet de « le point sur la 4G »

  1. Régis

    De nouveau un article très complet et très intéressant. merci Numérique Zen !
    Dans l’article n’est pas abordé le sujet de la latence. Au delà du débit, c’est bien la réduction de la latence (le temps que met un téléchargement de page à démarrer après votre clic) qui va changer l’expérience client.
    Si vous prenez les vidéos de démonstration de la 4G, le chargement des données va certes plus vite mais il démarre surtout beaucoup plus tôt !
    Mais cela vaut-il la sur-tarification ? Ira-t-on vers une substitution des modems ADSL par des modems 4G pour les clients les plus éloignés de leur noeud de raccordement ? Et, au fond, est-ce que cela va changer votre façon de jouer à Angry birds dans le bus, le métro ou en réunion… ?

    Répondre
    1. pali Auteur de l’article

      Effectivement, la latence est l’autre grand gain de la 4G. 01net a fait un édito avec une vidéo à ce sujet : http://www.01net.com/editorial/562170/nous-avons-teste-le-reseau-mobile-4g/
      Ce sujet n’a pas spécialement été abordé dans le dossier, car s’il apporte plus de confort dans la navigation, ce sont avant tout les gamers qui s’intéressent à ce type d’information.
      Pour rappel, la latence est le temps que met le réseau à répercuter l’action faite par exemple dans un jeu. Avec une latence de 40ms comme annoncée, cela signifie qu’il se passe seulement 4 centièmes de seconde entre une action et sa répercussion sur le réseau. Avec ce type de délai, on peut envisager des jeux plus complexes qu’Angry Birds 🙂
      Actuellement, en 3G, les valeurs sont au moins 2 à 4 fois supérieures. En Edge, on est près de 10 fois au dessus. Ce qui signifie qu’entre le moment où on déclenche une action et que cela est effectif, il peut se passer près d’une demi-seconde. Ce qui est rédhibitoire pour des jeux d’actions ou de stratégie.
      Ce sont ces jeux qui pourront voir le jour sur nos mobiles ainsi, que des MMORPG (jeux de rôle multijoueurs en ligne).
      Le remplacement des modem ADSL est une autre possibilité si le réseau tient effectivement ses promesses. Non seulement le débit descendant serait meilleur (lorsqu’on télécharge) mais surtout le débit montant (par exemple lorsqu’on envoie une vidéo) serait très largement au-dessus des débits observés sur l’ADSL (20 à 30 supérieurs!).
      Mais cela implique que les opérateurs libèrent les usages en terme d’enveloppe de données ainsi que sur les protocoles supportés. La voix sur IP était interdite jusqu’à peu. Depuis un opérateur comme Bouygues a signé un accord avec Skype par exemple.
      A suivre dans les mois à venir!

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